travaux non declarés

Lorsqu’un propriétaire décide de vendre sa maison, les premières questions portent
souvent sur le prix, les photos, la diffusion de l’annonce, les diagnostics, la stratégie
de visite ou encore la marge de négociation. C’est logique : ce sont les éléments les
plus visibles de la vente.
Mais dans la pratique, un autre sujet peut rapidement devenir central : les travaux
réalisés au fil des années sans déclaration préalable, sans permis de construire,
sans déclaration d’achèvement ou sans mise à jour fiscale.
Une piscine construite depuis plusieurs années, une véranda ajoutée, un garage
transformé en pièce de vie, deux chambres aménagées dans un sous-sol, un abri de
jardin, une serre, une dépendance, une terrasse couverte ou une extension peuvent
sembler évidents pour le propriétaire. Ils font partie de la maison. Ils sont utilisés au
quotidien. Ils ont parfois été réalisés de bonne foi. Pourtant, au moment de vendre,
ces éléments peuvent devenir un vrai point de blocage.


Le sujet n’est pas de juger les propriétaires. Beaucoup de travaux ont été réalisés
progressivement, parfois par nécessité, parfois par confort, parfois sans mesurer les
conséquences administratives. Certains propriétaires pensent sincèrement qu’une
petite construction, une piscine familiale ou une pièce aménagée dans un sous-sol
ne pose aucun problème. D’autres se disent que “si personne n’a rien dit pendant
des années, c’est que tout va bien”.
Mais une vente immobilière n’est pas une simple visite de maison. C’est un acte
juridique, financier et patrimonial. L’acheteur s’engage souvent sur plusieurs années
de crédit. Le notaire doit sécuriser l’acte. L’agent immobilier doit présenter le bien
avec loyauté. Et le vendeur doit transmettre une information claire sur ce qu’il vend
réellement.
C’est précisément là que les travaux non déclarés peuvent créer de la tension.

Pourquoi ce sujet ressort souvent au moment de la vente



Tant qu’un propriétaire vit dans sa maison, certains écarts restent invisibles. Une
pièce aménagée dans un sous-sol est utilisée comme chambre d’appoint. Une
piscine est là depuis longtemps. Un appentis sert au rangement. Une véranda fait
partie du quotidien. Une ancienne dépendance a été transformée en pièce de loisir
ou en bureau.
Mais dès que le bien est mis en vente, tout change.
L’annonce immobilière doit décrire le bien de manière cohérente. Les acheteurs
posent des questions. Les diagnostics révèlent certaines surfaces ou certains
équipements. Le notaire examine les documents. La mairie peut être interrogée. Les
impôts fonciers peuvent présenter une consistance différente de la réalité visible. Les

plans, le cadastre, les autorisations d’urbanisme et la taxe foncière peuvent ne pas
raconter exactement la même histoire.
Et dans une vente, une incohérence n’est jamais anodine.
Un acheteur peut accepter des travaux à prévoir. Il peut accepter un bien ancien. Il
peut accepter une maison atypique. Mais il accepte beaucoup moins facilement de
découvrir, après avoir fait une offre, qu’une partie du bien n’est pas claire
administrativement.
Le problème n’est donc pas seulement juridique. Il est aussi commercial et
psychologique. La confiance se construit lentement, mais elle peut se fragiliser très
vite.

Urbanisme, cadastre, impôts : trois sujets différents


Une confusion revient très souvent : beaucoup de propriétaires mélangent
urbanisme, cadastre et fiscalité.
La mairie intervient sur la partie urbanisme. Elle vérifie si les travaux sont conformes
aux règles applicables : plan local d’urbanisme, implantation, hauteur, emprise au
sol, aspect extérieur, zone constructible, secteur protégé, stationnement, servitudes,
risques naturels ou prescriptions particulières.
Le cadastre, lui, n’est pas une autorisation. Il permet notamment d’identifier les
parcelles et de représenter les bâtiments fixés au sol. Le fait qu’une construction
apparaisse au cadastre ne signifie pas automatiquement qu’elle est régulière. À
l’inverse, le fait qu’un élément n’apparaisse pas encore au cadastre ne veut pas
forcément dire qu’il est illégal. Le cadastre est un outil fiscal et parcellaire, pas une
preuve complète de conformité urbanistique.


Les impôts fonciers, enfin, concernent la valeur locative cadastrale du bien. Cette
valeur sert notamment au calcul de la taxe foncière. Une construction nouvelle, une
piscine, une véranda, une extension, une pièce supplémentaire, un garage
transformé ou une dépendance peuvent modifier la consistance du bien et donc avoir
un impact fiscal.
Autrement dit, obtenir une autorisation d’urbanisme ne dispense pas de déclarer les
travaux aux impôts. Et déclarer un élément aux impôts ne régularise pas
automatiquement l’urbanisme.
Pour vendre proprement, il faut donc regarder les trois niveaux : urbanisme, fiscalité
et cohérence du descriptif du bien.

Ce que dit le cadre légal en pratique


Le Code de l’urbanisme pose un principe simple : les constructions, même sans
fondations, peuvent nécessiter une autorisation préalable selon leur nature, leur
surface, leur emplacement et leur impact. Certaines relèvent d’un permis de construire. D’autres relèvent d’une déclaration préalable. D’autres encore peuvent être dispensées de formalité, mais seulement dans des cas précis.

Les fameuses piscines


Pour les piscines, par exemple, les seuils sont importants. Un petit bassin peut
parfois être dispensé de formalité. Mais au-delà de 10 m² et jusqu’à 100 m², une
déclaration préalable est généralement nécessaire, sous réserve des cas particuliers
liés à la couverture, à la hauteur de l’abri, à la durée d’installation ou à la situation du
terrain. Au-delà de certains seuils, un permis de construire peut être requis.
Pour une annexe, un abri de jardin, une dépendance, un carport ou une construction
légère, la surface de plancher, l’emprise au sol et la hauteur comptent. Une
construction de plus de 5 m² peut déjà déclencher des obligations, notamment une
déclaration préalable selon les cas. Plus la surface augmente, plus la probabilité
d’une autorisation formelle augmente.

travaux non déclarés les piscines

Les vérandas


Pour une véranda, une extension ou une terrasse couverte, la question porte
souvent sur la création de surface, la modification de l’aspect extérieur et l’emprise
au sol. Une maison peut être parfaitement habitable et agréable, mais avoir connu
des évolutions qui auraient dû être déclarées.
Pour une serre, le sujet est également souvent oublié. Selon sa hauteur et sa
surface, elle peut être soumise à déclaration préalable ou à permis de construire.
Dans les biens avec jardin, ancien terrain agricole, potager important ou activité de
loisir, ce point peut être négligé.


Enfin, les travaux sans autorisation peuvent exposer à des sanctions. Le Code de
l’urbanisme prévoit notamment des amendes en cas de travaux réalisés en
méconnaissance des règles applicables ou des prescriptions d’une autorisation.
Dans les cas les plus sensibles, une mise en conformité ou une démolition peut
également être demandée.
Il ne faut donc pas réduire le sujet à une simple formalité administrative. Une
irrégularité peut avoir des conséquences sur la vente, la négociation, la confiance de
l’acheteur et la responsabilité du vendeur.

Exemple à Castres


Exemple terrain à Castres : une piscine qui bloque la vente pendant trois mois
Dans un dossier du secteur de Castres, une cliente pensait vendre une maison avec
piscine sans difficulté particulière. La piscine était visible, utilisée, entretenue et
faisait clairement partie de la valeur perçue du bien. Sur le plan commercial, elle
constituait même un argument fort : maison familiale, extérieur agréable, espace de
vie supplémentaire pendant les beaux jours.
L’acheteur était intéressé. Le prix était cohérent. La discussion avançait
correctement.


Puis la question administrative est arrivée : la piscine avait-elle bien été déclarée ?
Existait il une déclaration préalable ? La mairie avait-elle validé la bonne implantation et la conformité de l’équipement ? La piscine apparaissait-elle correctement dans les éléments fiscaux ?
À partir de ce moment-là, la vente a changé de nature. On n’était plus seulement
dans une négociation de prix. On était dans une phase d’attente, de vérification et de
sécurisation. La mairie devait regarder la situation. Le notaire avait besoin d’éléments
fiables. L’acheteur, lui, commençait à se demander s’il n’allait pas acheter un
problème. Le dossier a pris environ trois mois de retard.


Trois mois, dans une vente, ce n’est pas neutre.

  • Cela peut suffire à créer de la tension entre vendeur et acquéreur.
  • cela peut faire naître des doutes.
  • Cela peut fragiliser le financement.
  • Cela peut donner envie à l’acheteur de renégocier.
  • Cela peut même conduire à une rupture de vente si la confiance est trop abîmée.

Dans ce type de situation, le vendeur peut avoir le sentiment d’être pénalisé alors
qu’il n’a pas cherché à mal faire. Mais du point de vue de l’acheteur, la question est
simple : “Est-ce que j’achète une maison claire, ou est-ce que j’achète une maison
avec un sujet non réglé ?”
C’est là toute la différence entre vendre avec un dossier préparé et vendre en
espérant que le sujet ne ressortira pas.

Exemple terrain à Saïx : deux pièces en sous-sol que le propriétaire veut
valoriser sans les déclarer

Autre situation, dans le secteur de Saïx : un propriétaire avait aménagé deux pièces
supplémentaires dans le sous-sol de sa maison. Ces pièces étaient utilisées,
propres, présentables et, dans son esprit, elles augmentaient naturellement la valeur
du bien.
Jusque-là, rien d’anormal. Une maison peut avoir des espaces complémentaires très
intéressants : bureau, salle de jeux, chambre d’appoint, atelier, espace adolescent,
pièce de rangement améliorée, salle de sport ou espace de télétravail.
Le problème apparaît lorsque le propriétaire veut les intégrer pleinement dans le prix
de vente comme de véritables pièces habitables, tout en refusant de les déclarer ou
de clarifier leur statut.
On ne peut pas demander à un acheteur de payer un prix calculé comme si ces deux
pièces étaient parfaitement intégrées, déclarées, conformes et juridiquement
sécurisées, tout en refusant d’assumer la clarification administrative correspondante.


C’est une question de cohérence.


Un espace aménagé peut avoir une valeur d’usage. Il peut rendre la maison plus
attractive. Il peut donner du potentiel. Mais si son statut n’est pas clair, il faut le
présenter avec prudence. On peut parler d’espace complémentaire, de surface annexe, de sous-sol aménagé, de pièce polyvalente, sous réserve de vérification. En revanche, il est risqué de le présenter comme une surface habitable certaine ou
comme deux chambres pleinement déclarées si ce n’est pas le cas.
Le rôle d’un professionnel n’est pas de dévaloriser le bien. Le rôle d’un professionnel
est d’éviter de survendre ce qui n’est pas sécurisé.
Un bien se vend mieux quand il est clair. Pas quand il est enjolivé.

Le vrai risque : créer un écart entre la réalité vendue et la réalité déclarée



Le point sensible est là : plus l’écart est grand entre la réalité visible et la réalité
déclarée, plus le risque augmente.
Si une maison est annoncée avec cinq chambres, mais que deux d’entre elles sont
en réalité des pièces de sous-sol non déclarées, sans vérification de l’habitabilité,
sans cohérence fiscale et sans autorisation claire, l’acheteur peut considérer que
l’information est déterminante.


Si une piscine est mise en avant dans les photos, mais qu’aucune déclaration n’a été
faite, l’acheteur peut demander une régularisation avant signature.
Si une extension augmente la surface de vie mais ne figure dans aucun document, le
notaire peut demander des explications.


Si une véranda, un garage transformé ou une dépendance change la consistance du
bien, les impôts fonciers peuvent également être concernés.


Et si le vendeur connaissait la situation et a volontairement évité de la communiquer,
la question peut devenir encore plus sensible. Le Code civil définit le dol comme le
fait d’obtenir le consentement de l’autre par des manœuvres ou des mensonges. Il
précise aussi que la dissimulation intentionnelle d’une information déterminante peut
constituer un dol.
Cela ne veut pas dire que chaque oubli administratif devient automatiquement un
dol. Mais cela montre une chose : dans une vente immobilière, une information
importante ne doit pas être cachée.
À cela s’ajoute la garantie des vices cachés, lorsque le défaut rend le bien impropre
à son usage ou en diminue tellement l’usage que l’acheteur ne l’aurait pas acquis, ou
pas au même prix, s’il l’avait connu.


Là encore, chaque situation doit être appréciée précisément par le notaire et, si
nécessaire, par un conseil juridique. Mais pour un vendeur, la logique de prudence
est claire : mieux vaut clarifier avant que se défendre après.


Pourquoi certains vendeurs hésitent à régulariser


Il faut aussi comprendre la position des propriétaires.

Beaucoup hésitent à régulariser parce qu’ils craignent une hausse de taxe foncière.
D’autres ont peur de réveiller un problème ancien. Certains se disent que les travaux
ont plus de dix ans et que cela ne changera rien. D’autres encore estiment qu’ils ont
acheté la maison comme cela et que ce n’est donc pas à eux de gérer.
Ces réactions sont humaines. Mais elles peuvent être dangereuses au moment de
vendre.


D’abord parce que la question de la prescription n’est pas toujours aussi simple
qu’on le croit. Elle dépend de la nature des travaux, des règles applicables, des
actions possibles et des conséquences civiles, pénales, administratives ou fiscales. Il
ne faut donc pas se contenter d’un raisonnement rapide du type : “C’est ancien, donc
c’est bon.”


Ensuite parce que l’acheteur n’achète pas seulement un passé. Il achète une
situation actuelle. Si le bien présente aujourd’hui une piscine, une extension, une
pièce supplémentaire ou une annexe, il est légitime qu’il demande si ces éléments
sont réguliers.


Enfin parce que la régularisation fiscale peut effectivement avoir un impact sur la
taxe foncière, mais l’absence de déclaration peut aussi créer un problème plus tard.
Les impôts indiquent que la déclaration foncière est obligatoire pour une nouvelle
construction, une véranda, un abri de jardin, une piscine, des travaux
d’agrandissement ou une modification de la consistance d’un local. Cette déclaration
doit être transmise dans les 90 jours suivant l’achèvement des travaux.


Autrement dit, ne pas déclarer pour éviter une hausse de taxe peut sembler
avantageux à court terme, mais cela fragilise le dossier au moment de vendre.


Ce que l’agent immobilier doit regarder avant de publier l’annonce


Avant de mettre une maison en publicité, il ne suffit pas de prendre des photos et de
proposer un prix.


Un professionnel sérieux doit prendre le temps de comprendre ce qu’il vend.
Cela commence par une visite attentive. Il faut regarder les surfaces, les pièces, les
dépendances, les annexes, les piscines, les abris, les extensions, les vérandas, les
garages transformés, les sous-sols aménagés, les combles, les terrasses couvertes,
les ouvertures créées ou les modifications visibles de façade.
Ensuite, il faut poser les bonnes questions au vendeur. Depuis quand ces travaux
existent-ils ? Ont-ils été réalisés par l’actuel propriétaire ou par un ancien propriétaire
? Y a-t-il des factures ? Des plans ? Un permis de construire ? Une déclaration
préalable ? Une déclaration d’achèvement ? Une taxe foncière cohérente ? Une
mention dans l’acte d’achat ?


Ce n’est pas de la suspicion. C’est de la méthode.

L’objectif n’est pas de bloquer la vente. L’objectif est de sécuriser la vente.
Un bien avec un dossier clair se vend plus sereinement. Il inspire confiance. Il limite
les mauvaises surprises. Il permet de défendre le prix avec des arguments solides.
À l’inverse, un bien mal préparé peut attirer des visites, séduire un acheteur, obtenir
une offre, puis se bloquer au moment où le dossier part chez le notaire. Et c’est
souvent à ce moment-là que les tensions apparaissent, car chacun a déjà commencé
à se projeter.

Comment présenter un bien quand certains éléments ne sont pas parfaitement
régularisés


Il existe une règle simple : ne pas mentir, ne pas survaloriser artificiellement, ne pas
transformer une incertitude en certitude.


Si une pièce en sous-sol est aménagée mais que son statut n’est pas clair, on évite
de la présenter comme une chambre officielle sans vérification. On peut la décrire
comme une pièce aménagée, un espace polyvalent, une pièce complémentaire, un
bureau possible, une salle de jeux ou un espace de rangement amélioré, selon sa
configuration réelle.


Si une piscine existe mais que les documents ne sont pas encore réunis, on peut
expliquer qu’une vérification est en cours auprès de la mairie ou du service
compétent.


Si une dépendance est utilisée mais que son usage administratif n’est pas établi, il
faut éviter de laisser penser qu’elle peut immédiatement devenir un logement
indépendant ou une activité professionnelle sans autorisation.


Si une extension est ancienne, il faut rechercher les éléments disponibles : acte
notarié, plans, taxe foncière, photos anciennes, autorisation d’urbanisme, déclaration
fiscale.


Un acheteur peut entendre beaucoup de choses si elles sont dites clairement. Ce
qu’il accepte moins, c’est de découvrir une information tardivement.


La transparence n’empêche pas de vendre. Elle permet souvent de vendre mieux.

Régulariser avant la vente : la bonne méthode


La première étape consiste à faire l’inventaire complet du bien.
Il faut lister tous les éléments qui ont pu modifier la maison : piscine, extension,
véranda, garage transformé, chambre créée, sous-sol aménagé, combles aménagés,
abri de jardin, carport, serre, terrasse couverte, dépendance, annexe, ouverture en
façade, division intérieure ou changement d’usage.
Pour chaque élément, il faut essayer de retrouver la date approximative de
réalisation, la surface, l’usage actuel, l’existence de plans, de factures, de photos,d’une déclaration préalable, d’un permis, d’un certificat de conformité ou d’une déclaration d’achèvement.


La deuxième étape consiste à vérifier auprès de la mairie ou du service urbanisme
compétent. Pour Castres, Saïx ou les communes voisines, il faut se rapprocher du
service compétent de la commune où se situe le bien. Le règlement applicable peut
varier d’une commune à l’autre, d’une zone à l’autre, voire d’une parcelle à l’autre.
Il ne faut pas se contenter d’un avis oral. Pour sécuriser une vente, il faut rechercher
des écrits : récépissé de dépôt, arrêté de non-opposition à déclaration préalable,
permis accordé, déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux,
courrier du service urbanisme ou document officiel.


La troisième étape consiste, si nécessaire, à déposer une demande de
régularisation. En pratique, il s’agit souvent de déposer aujourd’hui le dossier qui
aurait dû être déposé avant les travaux : déclaration préalable ou permis de
construire selon les cas.
Attention : une régularisation n’est pas automatique. La mairie examine
généralement le dossier au regard des règles applicables au moment de la
demande. Il peut donc arriver que des travaux anciens ne soient pas régularisables
tels quels, ou qu’ils nécessitent des adaptations.


La quatrième étape est fiscale. Si les travaux modifient la consistance du bien, il faut
mettre à jour la situation auprès des impôts fonciers, notamment via l’espace “Gérer
mes biens immobiliers” ou la messagerie sécurisée. En cas de difficulté, il faut
contacter le service départemental des impôts fonciers compétent.
La cinquième étape consiste à transmettre les éléments au notaire et à l’agent
immobilier, afin que le compromis soit rédigé sur une base claire.

La DAACT : un document souvent oublié mais important



Lorsqu’une autorisation d’urbanisme a été obtenue et que les travaux sont terminés,
il faut déposer une déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux,
appelée DAACT.


Ce document est souvent oublié. Pourtant, il peut être très utile dans une vente.
La DAACT permet d’informer la mairie que les travaux sont achevés et d’attester
qu’ils sont conformes à l’autorisation obtenue. Elle ne remplace pas l’autorisation
initiale, mais elle montre que le dossier a été mené jusqu’au bout.
Pour un acheteur, c’est rassurant. Pour un notaire, c’est plus clair. Pour un vendeur,
c’est protecteur.


Dans un dossier de vente, il est donc préférable de pouvoir présenter une chaîne
complète : autorisation obtenue, travaux réalisés, DAACT déposée, situation fiscale
mise à jour.

Ce niveau de préparation peut faire la différence entre une vente fluide et une vente
qui se crispe.

Faut-il toujours régulariser avant de vendre ?



Dans l’idéal, oui, lorsqu’un élément significatif du bien n’est pas clair.
Mais la réponse dépend de la situation. Il peut y avoir des cas simples, où les
documents existent déjà mais n’ont pas été retrouvés. Il peut y avoir des cas où les
travaux ne nécessitaient pas d’autorisation. Il peut y avoir des cas où une
régularisation est possible rapidement. Et il peut y avoir des cas plus complexes, où il
faudra arbitrer avec le notaire, le service urbanisme et l’acheteur.


L’important est de ne pas faire semblant.


Si un sujet existe, il vaut mieux l’identifier avant la mise en vente. Cela permet de
choisir la bonne stratégie : régulariser avant publicité, informer dès les premières
visites, ajuster le prix, prévoir une condition dans le compromis ou attendre d’avoir
les documents nécessaires.


Ce qui est dangereux, c’est de découvrir le problème après l’offre, après le
compromis ou juste avant la signature de l’acte définitif.


À ce stade, les émotions sont fortes. Le vendeur veut vendre. L’acheteur veut
acheter, mais il veut être rassuré. Le notaire demande des pièces. Le financement
est parfois en cours. Le déménagement est envisagé. La tension monte vite.
Anticiper, ce n’est pas compliquer la vente. C’est éviter qu’elle se complique au pire
moment.

Pourquoi cela influence aussi le prix de vente



Un prix immobilier ne repose pas seulement sur une impression.
Il dépend de la localisation, de l’état du bien, des surfaces, des prestations, du
marché, de la demande, des comparables, mais aussi de la sécurité du dossier.


Deux maisons apparemment similaires peuvent ne pas se vendre au même prix si
l’une présente un dossier clair et l’autre plusieurs incertitudes administratives.
Une piscine déclarée, une extension régularisée, une taxe foncière cohérente, des
pièces correctement décrites et des documents disponibles renforcent la valeur
défendable du bien.


À l’inverse, une piscine non déclarée, des pièces en sous-sol présentées comme
chambres sans vérification, une dépendance ambiguë ou une extension sans dossier
peuvent justifier une prudence de l’acheteur. Cette prudence se traduit souvent par
une négociation, une demande de garantie, un délai supplémentaire ou une
condition suspensive.

C’est pour cela qu’un vendeur ne peut pas toujours raisonner uniquement en disant :
“J’ai deux pièces en plus, donc ma maison vaut plus cher.”


Oui, des espaces complémentaires peuvent apporter de la valeur. Mais cette valeur
dépend de leur usage, de leur qualité, de leur conformité, de leur statut et de leur
présentation honnête.


Un espace non clarifié peut séduire en visite, mais fragiliser la négociation ensuite.

La transparence protège aussi le vendeur


Certains propriétaires craignent qu’en parlant des sujets administratifs, ils fassent
peur aux acheteurs. En réalité, c’est souvent l’inverse.
Un vendeur qui annonce clairement la situation donne une impression de sérieux. Il
montre qu’il n’a rien à cacher. Il permet à l’acheteur de décider en connaissance de
cause.


Le vendeur reste libre de vendre un bien avec des particularités, des travaux anciens
ou des points à régulariser. Mais il doit éviter de présenter comme certain ce qui ne
l’est pas.


La transparence protège aussi la relation avec l’agent immobilier. Un professionnel
ne peut pas correctement défendre un bien s’il découvre les sujets sensibles trop
tard. Il a besoin de connaître la réalité pour choisir les bons mots, éviter les erreurs
dans l’annonce, répondre aux questions et alerter le notaire si nécessaire.
Elle protège enfin la relation avec l’acheteur. Une vente immobilière repose sur la
confiance. Cette confiance ne se construit pas avec des promesses vagues, mais
avec des éléments vérifiables.

Mon conseil aux vendeurs avant de mettre leur maison sur le marché


Avant de parler prix, photos et diffusion, je conseille aux propriétaires de faire un
point complet sur leur bien.
Avez-vous réalisé une piscine, une extension, une véranda, une terrasse couverte,
un garage transformé, une annexe, une serre, un abri de jardin ou des pièces
supplémentaires ?
Avez-vous les autorisations correspondantes ?
Avez-vous déclaré les travaux aux impôts ?
La taxe foncière correspond-elle à la réalité actuelle du bien ?


Les surfaces que vous souhaitez mettre en avant sont-elles juridiquement et
techniquement défendables ?


Les pièces que vous présentez comme chambres sont-elles réellement adaptées à
cet usage ?

Le notaire pourra-t-il retrouver facilement les informations nécessaires ?
Si la réponse est floue, ce n’est pas dramatique. Mais il faut traiter le sujet avant la
vente.
Vendre une maison, ce n’est pas seulement trouver un acquéreur. C’est aller jusqu’à
la signature définitive dans de bonnes conditions.

Conclusion : mieux vaut perdre un peu de temps avant que perdre la vente
après



Une maison se vend avec un prix, des photos, une localisation et des prestations.
Mais elle se vend aussi avec un dossier clair.


Une piscine non déclarée, deux pièces aménagées dans un sous-sol, une extension
ancienne, une véranda, une annexe ou une dépendance peuvent représenter de
vrais atouts. Mais seulement si leur situation est expliquée, vérifiée et, si nécessaire,
régularisée.


Dans le cas contraire, ces mêmes éléments peuvent devenir des sources de doute,
de tension, de négociation ou de rupture.


L’objectif n’est pas de faire peur aux vendeurs. L’objectif est de les aider à vendre
proprement.


Régulariser, ce n’est pas se créer un problème. C’est souvent éviter qu’il apparaisse
au pire moment.


Mon approche est simple : regarder le bien tel qu’il est, identifier les points sensibles,
conseiller le propriétaire, alerter quand il le faut, et présenter le bien avec sérieux.
Parce qu’une vente réussie, ce n’est pas seulement une offre acceptée.
C’est une vente qui va au bout.

Lionel Julié
Arthurimmo.com Castres
Gestion locative – location – estimation – transaction
Me contacter : Lionel – 06 77 69 64 98

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Directeur de l Agence Arthurimmo.com de Castres-Mazamet , Expert Immobilier agréé auprès du Centre National de L Expertise . Je suis à votre écoute pour tout projet immobilier dans le Sud Tarn : estimation , expertise, vente de maisons, ventes de terrain..